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[FOCUS] Miss Sénégal : Le calvaire derrière la couronne et les paillettes

[FOCUS] Miss Sénégal : Le calvaire derrière la couronne et les paillettes

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[FOCUS] Miss Sénégal : Le calvaire derrière la couronne et les paillettes

L’affaire Fatima Dione, du nom de la Miss Sénégal 2020 lève le voile sur le calvaire que vivent ces reines de beauté. Retour dans les sombres coulisses d’une compétition à scandales.

Le scandale défraie la chronique depuis quelques jours. Dans les sites d’informations et sur les réseaux sociaux, le sujet fait les choux gras de la presse et alimentent les débats. Fatima Dione, l’ex-Miss Sénégal 2020 qui a été littéralement anéantie par un lynchage « injuste » après son sacre l’année dernière est revenu au-devant de la scène et cette fois-ci encore, sa dignité a été balafrée et son image traînée dans la boue.

Elle est au centre d’un gros scandale sexuel qui éclabousse le comité d’organisation de la compétition de beauté. En effet, mère d’un bébé de 5 mois, la représentante de Fatick aurait été violée. C’est sa mère, meurtrie, qui vend la mèche, juste quelques jours après la finale de Miss Sénégal 2021. « La seule chose que nous savons c’est que Fatima est tombée enceinte suite à son sacre. Nous ne souhaitons accuser personne mais une chose est sûre, avant qu’on ne découvre sa grossesse, elle était chez un membre du comité d’organisation de Miss Sénégal », révèle sa mère en larmes.

Effet Me Too !

Ce scandale vient confirmer la sale réputation- qui était restée pendant très longtemps un préjugé- que traîne cette compétition de reine de beauté depuis plusieurs décennies déjà. Entre propositions indécentes, chantage sexuel, prostitution de luxe, proxénétisme, promotion canapé… tout y passe décidément. Sans parler de l’arnaque sur les récompenses qui devraient normalement aller avec le titre mais servent malheureusement d’appât pour ferrer ces pauvres victimes qui sont servies sur un plateau d’argent, pieds et poings liés, à des tontons saï-saï (des vieux prédateurs sexuels). Comme l’attestent les fracassantes révélations de Fatima Dione.

Derrière la couronne tant convoitée, le glamour et les paillettes, l’envers du décor est lugubre, hideux. Les reines de beauté vivent un vrai calvaire. Après les aveux circonstanciés de Miss Sénégal 2020, les pièces secrètes de la forteresse se dévoilent et l’effet Me Too (moi aussi) se propage comme une traînée de poudre. Nathalie Dia est la première à se lancer. « Tout n’est pas rose », reconnait, 29 ans après, Miss Sénégal 1992. « En visionnant l’interview de la maman de notre miss Sénégal 2020, beaucoup de souvenirs ont refait surface. Je compatis à sa déception de voir le rêve de sa fille ne pas se matérialiser. Je suis moi-même passée par des moments difficiles et mesure l’état mental dans lequel elle a baigné longtemps », révèle-t-elle.

Accusation de proxénétisme contre le comité Miss Sénégal

Miss Matam 2020 et Miss Kolda 2020 viennent clouer au pilori le comité d’organisation et sa présidente, Amina Badiane au premier chef. Leurs accusations, tout comme le scandale Miss Sénégal 2020, ont l’effet d’un séisme. «Amina Badiane, une présidente qui ne connait même pas les Miss. Le reste n’en parlons même pas. Tu nous parles de sécurité alors que vous nous faites sortir dans l’hôtel sans vous soucier si nous avons un transport pour rentrer. Vous vous faites de l’argent sur le dos des Miss. Je parle en connaissance de cause », lance Miss Matam 2020.

Miss Kolda d’enfoncer le clou sur Facebook : « Amina Badiane tu n’as rien à dire. On a été chassés de l’hôtel avec nos bagages. Tu es une proxénète. C’est miss Kolda, je parle en connaissance de cause ».


Face à la presse ce jeudi 18 novembre, accablée par la clameur, la langue d’Amina Badiane, présidente du comité d’organisation, a fourché au moment de livrer ses arguments de défense. « Kunu violé yaw la neex » (celle qui se fait violer est responsable de ce qui lui arrive), sert-elle. Un lapsus révélateur aux allures d’apologie du viol que le groupe féministe Ladies Club compte attaquer devant les juridictions compétentes pour que la licence du comité soit immédiatement retirée.

Miss Sénégal, une compétition à scandales

A y voir plus clair, Miss Sénégal a toujours été une compétition à scandales et il suffit de jeter un œil dans le rétroviseur pour s’en rendre compte. Des accusations de détournement, d’escroquerie entre autres ont toujours pesé sur le défunt promoteur, Moïse Ambroise Gomis qui, sous le feu des critiques, avait fini par rendre le tablier, pour s’engager dans l’éphémère aventure Miss Diongoma.

En août 2010, la famille de l’actrice de la Série Infidèles, Katy Chimère Diaw Miss Sénégal 2009 (elle avait 18 ans à l’époque), menaçait de traduire le défunt promoteur devant la justice pour que leur fille puisse récupérer ses récompenses dont le lot principal était une voiture. En guise de représailles, celle qui devait normalement représenter le Sénégal au concours Miss Cedeao a été zappée. « C’est la première dauphine qui a été retenue alors qu’elle (Katy Chimère Diaw) était à Dakar et se portait bien », dénonçait la sœur de l’actrice dans un entretien.

En 2016, bis répétita ! Ndèye Astou Sall couronnée Miss Sénégal 2016 a eu des bisbilles avec le comité d’organisation. La polémique entre Miss Sénégal 2016 et la présidente du comité Amina Badiane autour de la fameuse voiture mise en jeu par le partenaire Cfao motors, avait enflé au point que le comité ait décidé de découronner Ndèye Astou Sall.

« La présidente du comité de l’élection Miss Sénégal, Aminata Badiane, est sortie faire une déclaration que je qualifierai de diffamation. Elle dit que je me dépigmente, que je fréquente des lieux infects, que je m’habille vulgairement et que je ne suis pas digne d’être une Miss, des accusations infondées et qui portent atteinte à mon honneur. Ce qui est à l’origine, c’est la voiture que Cfao Sénégal m’a offerte et qui n’est jusque-là pas remise. Et d’autres lots que je n’ai pas encore reçus. Jusqu’à présent, je n’ai reçu qu’un million et 250.000 de Darling, je n’ai vu ni billet d’avion, ni voiture », a confié Ndèye Astou Sall qui annonçait une plainte contre Amina Badiane pour diffamation.

En définitive, il est clair qu’être Miss n’est pas toujours facile car, comme le dit l’adage, « il faut souffrir pour être belle », mais la dignité ne devrait, en aucun cas, être le prix à payer.

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